Unité Mixte INRA-UAPV 406 Responsable du Laboratoire de Toxicologie Environnementale
"Les OGM, ou organismes génétiquement modifiés, tels qu’ils sont définis dans la directive européenne 2001/18/CE, correspondent à des organismes, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle. La problématique OGM porte donc bien sur la modification du patrimoine génétique des ressources naturelles par l’homme.
En ce qui concerne les plantes génétiquement modifiées (PGM), il a été avancé un grand nombre d’arguments pour tenter de montrer qu’elles pouvaient présenter des avantages par rapport aux cultures conventionnelles : la transgénèse est un prolongement des processus naturels, plus précis que la reproduction sexuée, production d’aliments de meilleure qualité, augmentation des rendements, meilleurs impacts environnementaux, lutte contre la faim dans le monde…
L’expérience montre qu’aucun de ces arguments ne résiste à l’épreuve du temps et de la pratique. Encore une fois, l’homme révèle toute sa vanité en croyant qu’il peut mieux faire que la nature alors que toutes ses actions ont eu des effets si néfastes pour l’environnement, qu’à l’heure actuelle la communauté internationale s’accorde pour dire que notre planète est en danger. Peut on vraiment élaborer des aliments de meilleure. qualité en modifiant un aliment naturel, qui a fait ses preuves, sans connaître les véritables impacts sanitaires à longs termes de la modification qui a été introduite. Les problèmes de santé liés à l’alimentation proviennent bien plus d’une sous alimentation d’une grande partie de l’humanité et de la diminution de la diversité alimentaire et de la surconsommation de produits transformés de mauvaise qualité nutritionnelle, dans les pays développés, qu’à la consommation de "mauvais aliments de bases". L’augmentation des rendements n’est pour l’heure absolument pas démontrée et des baisses de productivité ont même été constatées. En ce qui concerne les impacts environnementaux, peut-on réellement parler de progrès quand les cultures OGM résistantes aux herbicides reçoivent d’énormes quantités d’herbicides systémiques qui se retrouvent dans la plante consommée, quand la plante sécrète jusqu’à 100 000 fois la quantité d’insecticide nécessaire pour lutter contre le ravageur ou quand il y a contamination des cultures conventionnelles par les cultures génétiquement modifiées ? Enfin, il est légitime d’émettre des doutes sur la démarche altruiste de ceux qui commercialisent des plantes génétiquement modifiées, à savoir la lutte contre la fin dans le monde, face aux technologies Terminator et Traitor qui placent les agriculteurs des pays en développement dans une situation de dépendance totale en ayant à leur disposition des semences qui deviendront stériles et/ou qui nécessiteront certains agents chimiques pour leur développement.
L’utilisation d’OGM n’est pas sans impacts sanitaires et environnementaux. L’introduction d’un transgène peut interrompre un gène essentiel à la plante et aboutir éventuellement à des impasses métaboliques ou des déviations métaboliques induisant l’absence de synthèse de certaines substances ou l’accumulation d’autres dans la plante. Les risques d’allergie se posent de façon critique et particulièrement chez les personnes qui développeront une sensibilité aiguë aux produits de transgènes ou aux marqueurs de transgénèse. Ce type d’allergie conduit à un choc anaphylactique qu’il ne sera pas possible de prévenir par méconnaissance de la composition des aliments consommés. L’introduction des plantes résistantes aux herbicides a abouti à une surconsommation de ces derniers. Ce phénomène a été accentué par l’apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides qui a induit en retour une augmentation des doses de traitement. Les herbicides employés sont systémiques, et toxiques pour l’homme, et se retrouvent à de très fortes concentrations dans la plante consommée. En ce qui concerne la santé environnementale, il a été démontré des contaminations de cultures Conventionnelles par les cultures OGM. Il s’agit là du type de contamination minimum auquel il était possible de s’attendre. Cependant, des contaminations inter-espèces ont déjà été constatées et personne ne peut prévoir l’impact de la dissémination des transgènes sur l’ensemble de la biodiversité végétale.
D’une manière générale, l’homme est en train de fabriquer et de disséminer dans l’environnement des chimères biologiques dont personne ne peut prédire les conséquences à long terme sur la santé humaine et environnementale.
Il est dommage de constater qu’à chaque fois, l’homme introduit des perturbations, que le futur révèle comme désastreuses pour notre planète, sans que les études d’impact n’aient été préalablement conduites."